de Cedric le "pas famelique", Aurelie qui se regale et sourit, le 14-05-2008
4/4, train et mine... de rien !
Salut les Chiquitos et les Chiquitas !
Nous voila de retour en ligne apres quelques jours d absence, riches en paysages, rencontres, mines qui ont bonne mine, et autres aventures. Tout d abord on s excuse pour notre derniere mise a jour et le manque de photo... Probleme de connexion, on espere pouvoir les mettre une autre fois.
Avant d aller plus loin, il est temps de vous parler un peu plus de la Bolivie. Pays coincé entre le Chili et l Argentine d un côte, le Bresil d un autre et le Perou d un troisieme. Découvert, conquis et pillé par les Espagnols, converti aussi au catholicisme. C est un pays essentiellement de montagne, la Cordillere des Andes encore elle, et donc ca monte et ca descend. C est egalement un pays assez pauvre, après avoir été un des plus riches du monde grâce à ses mines d or et d argent, entre autre a Potosi. On dit d ailleurs ici qu avec tout l or que les espagnols ont volé, on pourrait construire une route entre Potosi et Madrid... on pourrait construire la même route avec les ossements de tous les esclaves morts dans ces mines...
Qui dit pays pauvre, dit pour nous voyageurs un fort pouvoir d achat. On vit très bien ici et bien en dessous de notre budget de 80 euros par jour. Pour vous donner une idée, un hotel classe nous a coûté à deux 15 euros !
Côte transport, on est loin des bus de luxe de l Argentine ou du Chili. Ici ce sont de petits bus avec les bagages sur le toit et des gens entassés partout avec le bruit et l odeur en prime comme le disait ci bien mister Chirac. Je ne vous parle pas de l état des routes : point de bitum, d asphalte ou même de pavés, nous sommes bien sur des routes de terre et ça secoue les puces ! Et puis surtout ca prend beaucoup, beaucoup plus de temps pour aller d une ville à une autre. Mais bon, on n est pas pressé !
Parlons un peu des boliviens. C est le premier pays que nous faisons ou nous sentons une vraie difference culturelle. Rien que la population, comparé aux autres pays d Amerique du sud, les "indigenes" sont majoritaires à 60% (plus ou moins selon mes derniers comptes). C est d ailleurs le premier pays à avoir elu un president d origine "indienne", monsieur Morales. Bien sur, les europeens ont laissé des "traces" (beaucoup d eglise entres autres) mais ces traces se fondent dans les couleurs locales. Ici aussi ils ont des "Chapeau melon et bottes de cuir" mais ce sont les femmes qui ont le chapeau et les hommes les bottes. Les vêtements sont colorés et souvent les femmes portent leurs enfants dans le dos avec de grands tissus rayés.
Cotes nourriture ("nous y voila, allez vous dire, on les reconnait bien la"... et bien oui, vous avez raison !) on a gouté le lama, et oui, ce n est pas que bon qu à cracher sur le capitaine Haddock, c est même plutôt pas mauvais, surtout avec des frites !!! On a également gouté le Ckalaphurka, une soupe a base, entre autre, de maïs mais aussi de viande, petit pois, patates... qu on vous sert avec une pierre brulante a l interieur pour la garder chaude. C est tres bon et tres relevé, j ai d ailleurs bien sué du crâne !
Côte boisson, la Bolivie a sans doute les meilleurs bieres d Amerique du Sud. On egalement gouté un de leur vin, car oui, il font du vin, un Estirpe de la vallée de la Conception... on est loin du Don David mais on a bu pire !
Nous avons également goûté la coca. Je vous rassure tout de suite, rien à voir avec la cocaïne. La drogue est constituée en partie de coca mais la coca n est pas une drogue. C est une plante qui est notamment utilisée pour de nombreux médicaments et que les boliviens et péruviens utilisent depuis la nuit des temps pour lutter contre le mal de l altitude mais également les maux de têtes, de ventres... Sous forme de feuilles on les chique ou on les prend en infusion. Ca ressemble un peu a de la tisane et ce n est pas mauvais... ce n est pas bon non plus à vrai dire. A chiquer, c est assez étrange mais c est vrai que ca aide pour le mal de l altitude et le petit cote euphorique n est pas desagreable...
Mais revenons a nos moutons ou a nos lamas pour faire couleur locale ! Nous sommes donc partis de Tupiza le 14 mai pour un trip de quatre jours en 4/4. Nous ne sommes pas seuls. Il y a tout d abord notre pilote et guide Urbano (tres urbain au demeurant...) et sa femme, notre cuisiniere Téofila (qui ne file pas mais qui tricote en 4/4 que ça secoue ou pas). Et puis nous voyageons également avec Leo, un russe de New York qui voyage de part le monde depuis des années quand il n est pas avocat à la Big Apple, et un couple de New York egalement, Joseph et Jasmine.
Pendant quatre jours, nous roulons hors des sentiers battus, sur des petits chemins (pour ceux qui etaient dans l Atlas avec moi, c est un peu les mêmes mais plus secs ceux la) passant de vallées en montagnes, de déserts en lagunes, de canyons assechés à des lacs gelés. Ici, même s il fait du soleil tous les jours, la temperature est plutôt basse. Moins de 6 degrés en journée et bien moins de zéro la nuit ! Il faut dire qu on se promène entre 3800 et 5000 mètres d altitude !!!
Bon, je ne vais pas vous embêter une fois de plus avec mes pompeuses descriptions des montagnes... oh et puis si ! On a l impression par moment en regardant les collines colorées de se trouver dans un tableau de Van Gogh, comme si la montagne s etait prise de grands coups de pinceaux, laissant d epaisses couches de peintures aux formes arrondies et aux couleurs prononcées. Un peu plus loin, c est la palette de l artiste qui se dessine sur un versant, un tas de couleurs brutes, étalées aux hasards, mélangées au grès du pinceau. Jaune, vert, brun et chair se mixent dans un heureux hasard.
Et puis, lorsque vous arrivez au fet d un mont, surplombant toute une vallée en contre bas, vous avez cette impression de dominer un ocean en furie, une mer de collines dechainées (un peu comme Asterix chez les Goths... private joke !) des vagues de vert passé, de brun et de rouge brulés par le soleil, de jaune paille. C est juste beau.
Pendant notre periple, nous croisons des lagunes verte, blanche, rouge. Certaines sont même gelées et on patine dessus. D autres sont allimentées par des sources d eau chaude et nous en profitons pour faire trempette. 35 degrés dedans, moins de cinq dehors !!! Nous voyons également des geysers a 5000 mètres. La terre fume, crachote une boue nauséabonde et se lache un peu car ca pue l œuf pourri. Parfois, au loin, on aperçoit un volcan qui fume, certains étant encore en activité.
Côte faune, on aperçoit des lamas, bien vivants ceux là, des vigognes, petite bête sauvage qui rappelle l antilope, de magnifiques flaments roses et même des sortes d autruches dont j ai oublié le nom.
Côté logement, on dort le premier soir dans un petit village de pierre perdu a 4000 metres. On a vraiment l impression d être perdu au milieu de nul part... ce qui, a bien y reflechir, est le cas ! Les deux autres soirs, nous dormons dans des refuges au milieu de plein d autres touristes. Moins depaysant mais bon. Heureusement on a notre cuisiniere privée Teofila, qui nous regale à chaque repas de bons petits plats. Aurelie lui donne même un coup de main de temps en temps et pourra vous préparer des spécialités Bolivienne en rentrant !!! On y croit tous !
Pour notre dernière journée, nous nous levons a 4h du mat pour aller voir le lever du soleil sur le salar d Uyuni. Bon, j en vois qui s excite "c est bien beau, mais c est quoi d abord le salar d Uyuni". Patience, j y arrive. Le salar, c est un desert de sel, le plus grand du monde, equivalant en taille a deux departements français. Du blanc à perte de vue... enfin, avant que le soleil ne se lève, c est plutôt gris. Mais soudain, quand l astre solaire fait son apparition, tous les hexagones de sel semblent s enflammer et on a l impression de se retrouver au milieu d un échiquier aux cases étranges dévorées par les flammes. Ce n est pas très clair peut être ? Allez voir les photos vous comprendrez mieux ! Bref, c est irréel et magique.
Nous nous sommes ensuite rendus a l Isla del Pescado qui, contrairement à ce qu on pourrait croire à son nom (l ile des poisson en français) est recouverte de cactus, de quoi satisfaire Dutronc !
Notre trip c est terminé a Uyuni, ville sans grand intérêt si ce n est pour son cimetière de train à la sortie de la ville. Excellent, vous passez tout d´abord au milieu de wagons en tous genres pour arriver a un alignement de vieilles locos du début du siècle, toutes rouillées, ce qui leur donnent encore plus de charme. On a l impression de se promener au beau milieu de "Mon nom est personne" et autres films de Sergio Leon. On etait comme des gosses avec des jouets trop grands pour eux. Inutile de vous dire que nous sommes montés a bord et qu on s est amusé comme des petits fous.
Nous avons quitté Uyuni le lendemain avec un des ces petits bus dont je vous parlais au début de ce long texte, direction Potosi, cité coloniale a 4000 mètres d altitude, tresor d architecture baroque (on dénombre plus d une dizaine d eglises et d abbayes en tous genres) qui fait elle aussi partie des patrimoine naturel et culturel de l humanité. Cité minière a l histoire riche en or, en argent, en étain... et en sang humain, celui des esclaves !
On a beaucoup aimé (pas le sang des esclaves je vous rassure mais bien la ville) et nous avons visité entre autre le couvent Santa Theresa, ou les nones n avaient pas la vie facile, et la maison de la Monnaie, là où l argent des mines était transformé en pièces et en lingots. Intéressant, enrichissant et beau.
Pour finir, nous avons été visiter une des mines. Et oui, ça se fait, vous avez parfois même l impression d y croiser plus de touristes que de mineurs. Bien sur, nous sommes passés par une agence qui nous a fourni un guide, des tenues et des lumières pour nous enfoncer dans les boyaux de la montagne.
Impressionnant, une petite descente au centre de la terre... il vaut mieux ne pas être claustro. Nous passons de galeries en galeries, offrant boisson, dynamite (si si) et feuilles de coca aux mineurs que nous croisons, et nous allons également saluer le dieu des mines, Tio, car si les Boliviens sont catholiques et très croyants, il reste ici aussi quelques croyances et rites de l époque des incas, entre autres le culte de Tio et de sa femme Pachamama. Les mineurs lui offrent de l alcool, de la coca et des cigarettes et lui demandent en échange protection et prospérité dans les mines.
Nous avons quitté Potosi à regret pour Sucre, capitale de la Bolivie, n en déplaise a ceux qui croient que la capitale est La Paz !
Une fois de plus, a suivre donc !
Nous vous rappelons qu un nouveau jeu est en ligne et nous attendons vos propositions avec impatience.
Commentaires sur cet article Greg On a qu'a dire qu'à votre retour, tout le monde m'appellera "TIO", comme ça on m'offrira de la coca, de l'alcool et des cigarettes, tout ce que j'aime !!
Livia Qué alegria recibir tan bellas descripciones!!
Por aqui llueve y llueve......
Los pienso.Un beso,Livia